Une victoire historique pour les travailleurs agricoles du Québec

Le gouvernement du Québec à confirmé hier qu’il abolira la section du Code du travail jugée anticonstitutionnelle en mars 2013 par la Cour supérieure du Québec. Jusqu’à présent le Code du travail empêchait des milliers de travailleurs agricoles d’exercer leur liberté d’association, protégée tant par la charte canadienne des droits et libertés que par la charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Cette modification au Code du travail constitue l’aboutissement d’un travail acharné sur le terrain, au niveau judiciaire et au niveau politique, effectué au Québec depuis plusieurs années par les Travailleurs Unis de l’Alimentation et du Commerce (TUAC-FTQ).

L’annonce du ministère du Travail laisse envisager une transformation des dynamiques de travail au sein des fermes maraichères qui emploient des milliers de travailleurs, dont certains sous permis de résidence temporaire les liant à un employeur spécifique au Québec. La main-d’oeuvre agricole, historiquement discriminée, a encore de grande difficulté à faire valoir ses droits. « Les travailleurs agricoles, et particulièrement les travailleurs agricoles migrants, constituent un des groupes de travailleurs au Québec devant endurer des conditions de travail extrêmement précaires », affirme Yanick Noiseux, Professeur de sociologie à l’Université de Montréal et co-directeur du Groupe interuniversitaire et interdisciplinaire de recherche sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale.

La modification au Code laisse présager que l’été qui s’en vient permettra aux syndicats québécois, et notamment aux TUAC qui sont déjà très actifs sur le terrain, de déposer des requêtes syndicales et de commencer à modifier les relations de travail sur les fermes québécoises. Mais la route pour le plein respect des droits fondamentaux et des droits du travail est encore longue pour certains de ces travailleurs agricoles. « Une série d’obstacles majeurs à la liberté d’association est encore maintenue par le gouvernement du Québec en ce qui à trait aux travailleurs agricoles migrants temporaires, notamment l’imposition d’un contrat donnant à l’employeur le privilège de mettre fin au contrat en tout temps et le (re)placement en emploi agricole au Québec contrôlé par un organisme défendant les intérêts des employeurs», note Roberto Nieto de l’organisme DroitsTravailleursMigrants.

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